Finance Selon l’Insee, le bio est plus rentable

17:57  07 décembre  2017
17:57  07 décembre  2017 Source:   Liberation

Un médicament sur dix est un faux dans les pays en développement

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L’institut a étudié en 2013 les activités de viticulture, de maraîchage et de production de lait de vache dans 1 800 exploitations bio et 28 000 conventionnelles.

L'agriculture biologique, un processus difficile à réformer pour l'UE. © MYCHELE DANIAU L'agriculture biologique, un processus difficile à réformer pour l'UE.

L’agriculture bio est moins productive mais davantage rémunératrice pour ses paysans que son homologue dite «conventionnelle». C’est ce qui ressort de l’étude «Les acteurs économiques et l’environnement» publiée mardi par l’Insee, dans laquelle l’institut s’est intéressée sur l’année 2013 à trois pans d’activité agricoles : la viticulture, le maraîchage et le lait de vache. Pour ce faire, l’Insee a choisi un échantillon de 1 800 exploitations bio et 28 000 conventionnelles.

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Outre l’aspect financier, l’Insee pointe tout d’abord que, dans ces trois secteurs de production, la taille des exploitations pratiquant une agriculture bio est «généralement plus réduite» que celle de ses homologues non bio. Ce qui n’est pas, à proprement parler, une révélation... En revanche, la moyenne des surfaces cultivées et rapportées par l’étude est source d’intérêt. Ainsi, les exploitations viticoles bio «utilisent en moyenne 20% de surface en moins» et la surface moyenne d’une exploitation maraîchère bio est de «10 hectares contre 30 en conventionnel». Quant à l’élevage laitier, une ferme bio compte «en moyenne 52 vaches, contre près de 60 en conventionnel». Voilà pour les périmètres étudiés et analysés par l’Insee. Intéressons-nous maintenant à la question économique et, partant, à la rémunération des producteurs.

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Des différence entre les exploitations bio

Selon l’institut de la statistique, un viticulteur bio génère en moyenne un chiffre d’affaires de 17 000 euros par hectare exploité. Soit 46% de plus qu’en conventionnel. Explication : les prix de vente des vins bio sont de 10% à 40% supérieurs à leurs homologues. Pour autant, les bassins viticoles recouvrent des réalités de prix diverses : quand le vin bio bordelais ne dégage que 2% de valorisation en plus, cette dernière atteint 60% dans le Sud-Est, le Val-de-Loire ou encore l’Alsace. Enfin, si la viticulture bio demande davantage de travail et donc de main d’oeuvre, la «valorisation» des produits réalisés permet d’obtenir en moyenne un excédent brut d’exploitation (EBE) de «6 400 euros à l’hectare contre 3 700 euros pour les viticulteurs conventionnels».

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Pour le secteur maraîcher, l’Insee indique que les exploitations bio aux cultures de plein air affichaient en 2013 un chiffre d’affaires de 10 900 euros à l’hectare pour leurs légumes contre 12 500 euros pour les exploitations conventionnelles. Mais les maraîchers bio utilisent moins d’intrants (engrais, amendements...) avec 6 300 euros à l’hectare, contre 8 100 euros pour le conventionnel. De quoi compenser la production moindre. Et, à la différence de la viticulture bio, en maraîchage, les besoins de main-d’œuvre sont aussi importants dans les deux modes de production. Résultat, un hectare en maraîchage de plein air génère 3 300 euros d’EBE, contre 2 500 euros en production conventionnelle.

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Attention, toutefois, prévient l’Insee : «La grande diversité des légumes produits et de la localisation des productions conduit toutefois à une dispersion importante des résultats entre exploitations.» Ainsi, alors qu’un quart des fermes légumières bio dégagent «moins de 1 800 euros d’EBE par hectare», un quart en retire «plus de 7 900 euros». Et, selon l’institut, cette différence entre les exploitations bio est encore plus importante en agriculture conventionnelle.

Le circuit court, modèle pour le bio

Troisième et dernier secteur étudié : la production de lait de vache. Là aussi, en dépit d’une productivité moindre (de -20% à -25% par rapport aux élevages conventionnels), le bio est plus rémunérateur pour l’éleveur, «principalement en raison d’un recours moins important aux aliments concentrés et au maïs ensilage dans l’alimentation des animaux et du choix de races plus rustiques». Ainsi, en 2013, le prix du lait bio était en moyenne supérieur de 18% à celui du lait conventionnel. Insuffisant toutefois pour compenser le différentiel de productivité : les élevages bio ont réalisé en moyenne un chiffre d’affaires par vache inférieur de 10% à celui des élevages conventionnels. Mais grâce aux aides à l’agriculture bio, l’EBE par vache des producteurs de ce lait était en moyenne «supérieur de près de 20% à celui des éleveurs conventionnels».

Enfin, note l’Insee, le modèle économique des exploitations bio est essentiellement basé sur la vente en circuit court. Ainsi, «plus de 90% des maraîchers bio commercialisent tout ou partie de leur production en circuit court. Et dans 80% des cas, plus de 50% du chiffre d’affaires est réalisé via ce mode de commercialisation». De quoi inciter les agriculteurs conventionnels en difficulté à réfléchir plus encore à leur conversion au bio.

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Source: http://fr.pressfrom.com/actualite/finance/-71999-selon-l-insee-le-bio-est-plus-rentable/

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