France A l’OTAN, dure journée pour les alliés face à Donald Trump

11:55  12 juillet  2018
11:55  12 juillet  2018 Source:   lemonde.fr

Sommet de l'Otan: Donald Trump consterne ses alliés avec ses exigences financières

  Sommet de l'Otan: Donald Trump consterne ses alliés avec ses exigences financières Donald Trump avait quitté Washington d’humeur belliqueuse, déclarant que sa rencontre avec Vladimir Poutine pourrait être « plus facile » que le sommet de l’Otan« L’Allemagne est complètement contrôlée par la Russie (…) elle est prisonnière de la Russie. » Donald Trump, arrivé très remonté à Bruxelles mardi, avait ouvert les hostilités avant même le début du sommet de l’Otan en s’en prenant avec une virulence inédite à Berlin.

Différend de fond ou de forme avec le président des Etats-Unis Donald Trump ? A l ’époque, l ’ OTAN avait pour la première fois depuis 1949 déclenché l’article 5 de son Traité, qui énonce qu’en cas d’attaque contre un allié , tous sont concernés.

C’est son obsession. Donald Trump exige que ses alliés de l ’ Otan augmentent leurs dépenses militaires et y consacrent 2% de leur PIB d’ici 2024. C’était l’engagement pris par les membres de l’Alliance atlantique lors du sommet du Pays de Galles, en 2014.

Egrenant ses exigences financières, attaquant Berlin sur sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, le président américain a placé la réunion de l’Alliance sous tension.

Le président américain Donald Trump lors du sommet de l’OTAN à Bruxelles (Belgique), le 11 juillet. © BRENDAN SMIALOWSKI / AFP Le président américain Donald Trump lors du sommet de l’OTAN à Bruxelles (Belgique), le 11 juillet.

C’est un fait qui n’a pas été commenté. A dix jours de l’ouverture du sommet de l’OTAN à Bruxelles, le mercredi 11 juillet, le conseiller de la Maison Blanche chargé du dossier, Rich Hooker, a quitté ses fonctions. Différend de fond ou de forme avec le président des Etats-Unis, Donald Trump ? Quoi qu’il en soit, ce proche des équipes du général H. McMaster, éphémère conseiller à la sécurité nationale remercié en mars, était l’homme qui avait préparé la réunion des vingt-neuf chefs de gouvernement de l’Alliance atlantique. Et elle ne partait pas sous les meilleurs auspices.

Budget de l'OTAN: avant de quitter Bruxelles, Donald Trump martèle son credo

  Budget de l'OTAN: avant de quitter Bruxelles, Donald Trump martèle son credo Le sommet de l'OTAN à Bruxelles s'est achèvé ce jeudi à la mi-journée après de nouvelles réunions ce matin pour remettre les choses d'équerre. Des rencontres qui ont fini par déboucher sur un accord sur l'augmentation les dépenses militaires des Etats membres. Lors de cette conférence de presse, Donald Trump a fait comme d'ordinaire: il a entièrement tiré la couverture à lui, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet . Il faut rappeler que depuis son arrivée mercredi matin à ce sommet de l’Otan à Bruxelles, le président américain a attaqué bille en tête en multipliant les déclarations agressives.

Donald Trump qui envoie « une salve à ses alliés de l’Alliance atlantique », c’est le titre du Washington Post. Le journal américain s’étonne des propos du président tenus ce matin à Bruxelles. Le locataire de la Maison-Blanche s’en est pris frontalement à l’Allemagne

A la Une: Donald Trump attaque ses alliés de l ’ Otan . Mais ces points ont subitement perdu toute importance face à la question du partage du fardeau, à savoir l'engagement de tous d'atteindre 2% du PIB de dépenses militaires.

Totalement dominé par les reproches du président Trump, qui accuse ses alliés européens et canadien d’être de mauvais payeurs dans la défense ainsi que des concurrents commerciaux déloyaux, le vingt-sixième sommet de l’OTAN a donc débuté dans une ambiance lourde.

Dès la veille, des propos très fermes ont été entendus. A l’occasion de la signature d’un accord Union européenne (UE)-OTAN en 74 points, le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est adressé directement au dirigeant américain pour rejeter ses critiques « presque quotidiennes » et « déplaisantes », l’invitant à « mieux considérer » ses alliés, d’autant, ajoutait-il, qu’il « n’en a pas tant que ça ». M. Tusk a rappelé la solidarité collective qui a joué avec les Etats-Unis après le 11 septembre 2001. A l’époque, l’OTAN avait, pour la première fois depuis 1949, déclenché l’article 5 de son Traité, qui énonce qu’en cas d’attaque contre un allié, tous sont concernés.

Trump accuse l'Allemagne d'être "contrôlée par la Russie", Merkel répond

  Trump accuse l'Allemagne d'être Présent en Belgique pour le sommet de l'Otan, Donald Trump n'a pas mâché ses mots envers l'Allemagne, «complètement contrôlée par la Russie» selon lui. Échanges tendus au sommet de l'OTAN. Au lendemain de son arrivée à Bruxelles, Donald Trump est passé à l'offensive, s'attaquant surtout à l'Allemagne, avec pour origine de sa colère sa volonté de voir les Européens augmenter leurs dépenses militaires au sein de l'Alliance atlantique.

Le président américain Donald Trump assiste à un petit-déjeuner avec le secrétaire général et le personnel de l ' Otan , à Bruxelles, le 11 juillet 2018. Après sa volte- face au G7, Donald Trump va-t-il aussi torpiller le sommet de l ' OTAN ?

Donald Trump s'apprête à s'envoler le 10 juillet 2018 pour le sommet de l ' OTAN à Bruxelles. Le président de la première puissance militaire du monde, Donald Trump , a multiplié les déclarations déstabilisantes pour les alliés des Etats-Unis. Face à un président américain imprévisible, les alliés

Journée ouverte au canon

Quand il a atterri à Bruxelles, mardi à 21 heures, le président américain a été accueilli par… la cheffe du protocole du ministère belge des affaires étrangères. Pas de premier ministre, pas de membre du gouvernement, et encore moins de représentant de la famille royale. Mercredi matin au petit-déjeuner, assis à la gauche de son ambassadrice à l’OTAN, Kay Bailey, qui avait triste mine, et face à un secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, en tension, M. Trump a ouvert la journée au canon.

Premier coup : « De nombreux pays ne paient pas ce qu’ils devraient, et franchement, de nombreux pays nous doivent un énorme paquet d’argent depuis des années ». Deuxième coup : « Nous protégeons l’Allemagne, nous protégeons la France… nous protégeons tous ces pays. » Le troisième fut pour Angela Merkel, avec le projet North Stream 2 et l’achat de gaz russe : « L’Allemagne est totalement contrôlée par la Russie car elle va tirer de 60 % à 70 % de son énergie du pipeline avec la Russie ». De plus elle « dépense 1 % » pour sa défense quand, pour les Etats-Unis, les « vrais chiffres sont 4,2 % ».

Le budget espagnol de la défense atteindra 2% du PIB en 2024, assure Sanchez

  Le budget espagnol de la défense atteindra 2% du PIB en 2024, assure Sanchez L'Espagne va augmenter ses dépenses militaires afin qu'elles représentent 2% de son PIB d'ici 2024, en accord avec les objectifs fixés au sein de l'Otan, a déclaré jeudi à Bruxelles le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Lors du sommet de l'Alliance mercredi et jeudi à Bruxelles, le président américain Donald Trump a demandé à ses alliés d'augmenter leur contribution le plus rapidement possible et a même souhaité que leur budget de défense atteigne 4% du PIB.Les Etats-Unis consacrent actuellement environ 3,5 de leur PIB à la défense.

A la veille du sommet de l ' Otan qui se tiendra à Bruxelles, le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est montré particulièrement critique envers Donald Trump qui critique les faibles contributions financières européennes à l ’ Otan .

Trump va-t-il tout casser à l ' Otan ? Le président américain reproche à ses alliés des dépenses de défense insuffisantes. Le président du Conseil européen Donald Tusk a lui mis en avant la nécessité d'une alliance forte face à la Russie et la Chine.

La chancelière allemande, visiblement crispée elle aussi, a vivement répondu en arrivant peu après au siège flambant neuf de l’OTAN : « J’ai moi-même expérimenté le contrôle soviétique sur une partie de l’Allemagne. Je suis très heureuse que nous vivions unis dans la liberté en République fédérale d’Allemagne, et pour cette raison, que nous puissions prendre des décisions souveraines. »

Les poignées de main terminées, Jens Stoltenberg a repris son rôle de modérateur : « Tous les sommets sont importants mais celui-ci l’est tout particulièrement. » Face aux défis sécuritaires, de la Russie au Moyen-Orient, « nous allons montrer qu’en dépit de ces désaccords nous serons en mesure de prendre les décisions qui s’imposent. »

Le secrétaire général ne prenait pas trop de risques en anticipant sur la déclaration du sommet, avalisée par les Vingt-Neuf dans les réunions préparatoires avec cette conclusion : « Nous avons décidé de nous réunir de nouveau, l’an prochain, pour faire le point sur les progrès accomplis et marquer le 70e anniversaire de notre alliance ».

Pourquoi Donald Trump en veut-il à l'Otan?

  Pourquoi Donald Trump en veut-il à l'Otan? Donald Trump se rend mercredi au sommet de l'Otan et les débats s'annoncent tendus, le président américain attendant de gros efforts financiers de la part de ses alliés. © Reuters Donald Trump se rend mercredi au sommet de l'Otan et les débats s'annoncent tendus, le président américain attendant de gros efforts financ C'est un contentieux qui dure depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Donald Trump souhaite que ses alliés augmentent leur budget de défense afin de rééquilibrer la charge financière au sein de l'Otan.

Les dirigeants des pays membres de l ’ Otan appréhendent leur sommet avec Donald Trump , mercredi et jeudi à Bruxelles, car ils s’attendent à être mis sous. Au sommet de l’an dernier, M. Trump avait déjà reproché à ses alliés de devoir d’“énormes sommes d’argent” à l ’ Otan .

Que reproche Donald Trump à ses alliés ? "Les membres de l ’ Otan doivent payer plus, les Etats-Unis doivent payer moins. Très injuste !", a écrit le milliardaire mardi dans la journée .

En ordre dispersé

A l’approche de la réunion du Conseil de l’Atlantique nord, en début d’après-midi, les alliés ont pourtant semblé se disperser. Le premier ministre canadien Justin Trudeau a évité la proximité avec Donald Trump, qui l’avait sévèrement critiqué à l’issue du G7, début juin, se contentant de proposer de prendre la tête de la future mission de formation de l’OTAN en Irak. Pour sa première apparition, l’Italien Giuseppe Conte, fidèle à l’esprit de son gouvernement populiste, tentait d’ouvrir un nouveau front. Il a prôné un rôle accru pour l’OTAN dans la lutte contre les migrations, en agitant le risque de l’arrivée en Europe de terroristes qui se mêleraient aux flux.

Dans une réunion parallèle, le ministre turc de la défense, critiqué pour avoir acheté des systèmes russes S-400 de défense aérienne, a eu des mots avec son homologue allemande. « Quand nous avons eu besoin d’en acquérir, aucun Européen ne nous en a proposés, il fallait bien que nous nous défendions. » Tandis que Donald Trump tweetait : « Je pense à nos agriculteurs. Le soja a chuté de 50 % entre 2012 et mon élection. Les barrières commerciales des autres pays sont en train de détruire leur business. »

Lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, l’habituelle rigidité otanienne a toutefois repris ses droits. Le fond a été abordé, dans « une ambiance constructive, de travail », selon une source de l’Elysée. Emmanuel Macron a appelé les alliés à ne pas fragiliser l’OTAN, argumentant que la paix coûte moins cher que la guerre. Chacun a scrupuleusement lu sa déclaration. Trump lui aussi, rappelant même que ses parents étaient nés en Europe et qu’il restait très attaché au Vieux Continent.

Trump dit que la rencontre avec Poutine pourrait être la plus facile en Europe

  Trump dit que la rencontre avec Poutine pourrait être la plus facile en Europe Donald Trump a dit jeudi que la rencontre prévue la semaine prochaine avec son homologue russe Vladimir Poutine serait peut-être la plus facile de toutes celles de sa tournée en Europe, le président américain ajoutant que Moscou était un concurrent et non pas un ennemi. Prié de dire, à l'issue d'un sommet de deux jours de l'Otan organisé à Bruxelles, si Vladimir Poutine représentait une menace, Donald Trump a répondu : "Je ne veux pas qu'il le soit et c'est pourquoi nous avons l'Otan"."Est-il mon ennemi ? Il n'est pas mon ennemi (...) J'espère qu'un jour il sera un ami. Je ne le connais pas très bien.

Mais lors de la séance plénière, Donald Trump a consterné ses alliés en alourdissant ses exigences : c’est désormais 4 % du PIB qu’il leur demande de consacrer à la défense. sur le même sujet Un sommet dans l’inquiétude pour les membres de l ’ OTAN .

Le président américain a rudoyé ses alliés de l ' Otan avant le sommet, tout en chouchoutant le président russe. PLUS:états-unis bruxelles Donald Trump international otan russie vladimir poutine. On en parle. Tout le monde compte sur la "chatte à Dédé" face à la Belgique.

« On en reparle ce soir au dîner ! »

Le président américain a cependant, à cette occasion, placé un autre défi sur la table. L’engagement des Etats membres à dépenser 2 % de leur PIB pour la défense. C’est maintenant et non dans dix ans, a-t-il dit. Demain, ce devra être « 4 % ».

Un seul pays a approuvé et, selon un ministre européen, il s’agirait de l’un des trois Etats baltes. Lors de la discussion à huis clos, Angela Merkel a, elle, répondu avec calme aux attaques sur North Stream 2. En réalité, 37 % des approvisionnements de l’Allemagne en gaz proviennent de Russie et non 70 % comme l’a dit M. Trump. Les Vingt-Neuf ont levé la séance sur une perspective risquée : « On en reparle ce soir au dîner ! »

Avant ce dîner prévu avec les Européens Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker, les réunions bilatérales se sont enchaînées. Prudente, Angela Merkel a déclaré en sortant de son tête-à-tête avec l’hôte de la Maison Blanche : « Nous sommes de bons partenaires et nous voulons continuer à coopérer à l’avenir. » Le président américain a évoqué les « très très bonnes relations, une relation sensationnelle, entre les deux pays ». Sous l’œil de son secrétaire à la défense Jim Mattis, il était plus souriant avec Emmanuel Macron. « Sensationnel ! »

Trump maintient la pression avant le sommet de l'Otan .
par Marine Pennetier et Robin Emmott Donald Trump a maintenu mercredi la pression sur ses partenaires de l'Otan à quelques heures de l'ouverture d'un sommet de l'Alliance militaire à Bruxelles qui s'annonce houleux en raison du bras de fer engagé par Washington sur la question de l'effort de défense que le président américain juge déséquilibré.Les Etats-Unis "payent beaucoup trop", a répété le président américain à la presse dans la matinée lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg dans la capitale belge.

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