France Corse : des étudiants nationalistes débutent une grève de la faim contre "le déni de démocratie" de l'Etat

20:55  12 février  2018
20:55  12 février  2018 Source:   Franceinfo

Corse : Macron à l'heure de la clarification

  Corse : Macron à l'heure de la clarification Le chef de l'Etat doit préciser, mercredi à Bastia, ses projets pour l'avenir institutionnel de l'île. «Pas de déclarations» : les dirigeants de la collectivité Corse sont restés muets, mardi soir, après leur entretien avec Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a exposé à Gilles Simeoni, président de l’exécutif insulaire, et à Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée corse, ses projets pour le statut de l’île. Mais rien n’a filtré de la réunion, les grandes annonces étant réservées au discours présidentiel, mercredi après-midi à Bastia. Le chef de l’Etat est arrivé vers 19h30 au siège de la collectivité de Corse - un ancien hôtel de luxe de la Belle époque, bordé de vastes jardins.

Jeudi matin, Corse -Matin résumait ce sentiment ambivalent au lendemain du discours du chef de l ' Etat sur l'avenir de l 'île: "Macron D'ores et déjà, trois syndicats étudiants nationalistes de l 'Université de Corte, dans le centre de l 'île, ont appelé à " une grève générale" à partir de la semaine prochaine.

Trois jours avant l'arrivée d'Emmanuel Macron sur l'Ile de Beauté, les nationalistes corses ont donné de la voix. Des revendications également soutenues par le Syndicat des travailleurs corses (STC) qui proteste contre « le déni de démocratie ».

Déçus par la visite d'Emmanuel Macron dans l'île, la semaine dernière, onze étudiants nationalistes de l'université de Corte ont décidé, dimanche, d'arrêter de s'alimenter. Parmi leurs revendications : la co-officialité de la langue corse et le rapprochement des détenus.

  Corse : des étudiants nationalistes débutent une grève de la faim contre © Fournis par Francetv info

De l'eau, sans pain sec ni sucre. Quelques jours après la visite d'Emmanuel Macron en Corse, onze étudiants nationalistes de l'université de Corte (Haute-Corse) sont entrés, dimanche 11 février, en grève de la faim pour protester contre la politique de l'État dans l'île. "Nous voulons montrer au gouvernement notre volonté de ne pas céder un seul pouce sur les revendications - co-officialité de la langue corse, statut du résident, amnistie des prisonniers dits "politiques" - balayées la semaine dernière, explique à franceinfo l'un des grévistes, Paul Salort, président du syndicat nationaliste Ghjuventù Indipendentista. Ces revendications ont été validées dans les urnes. Nous demandons à l'État d'arrêter le déni de démocratie."

Corse : Macron à l'heure de la clarification

  Corse : Macron à l'heure de la clarification Le chef de l'Etat doit préciser, mercredi à Bastia, ses projets pour l'avenir institutionnel de l'île. «Pas de déclarations» : les dirigeants de la collectivité Corse sont restés muets, mardi soir, après leur entretien avec Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a exposé à Gilles Simeoni, président de l’exécutif insulaire, et à Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée corse, ses projets pour le statut de l’île. Mais rien n’a filtré de la réunion, les grandes annonces étant réservées au discours présidentiel, mercredi après-midi à Bastia. Le chef de l’Etat est arrivé vers 19h30 au siège de la collectivité de Corse - un ancien hôtel de luxe de la Belle époque, bordé de vastes jardins.

(si OUI, alors veuillez joindre le formulaire de demande de francisation dument complété et signé). Je souhaite recevoir des informations relatives au suivi de l ’instruction de mon dossier et j’accepte que d'éventuelles demandes de.

Concernant le statut de résident, défendu par les nationalistes pour réserver le foncier corse aux habitants de l 'île depuis au moins cinq ans, Corsica Libera a nié que celui-ci soit "une impasse juridique", comme l'a affirmé M. Macron mercredi.

Avec dix camarades, âgés de 18 à 21 ans, Paul Salort campe depuis dimanche dans les locaux de la faculté de droit. "Nous n'avons aucune alimentation, même pas de sucre dans l'eau. C'est une grève dure", assure le jeune homme de 20 ans à franceinfo. Le choix de ce mode d'action, déjà utilisé avec succès en 2016 pour obtenir le rapprochement de deux détenus, obéit à une volonté de "ne pas tomber dans le piège de l'Etat" dont "on se demande s'il ne souhaite pas le retour de la violence" :

"La grève de la faim, c'est la violence retournée contre nous-mêmes."

Paul Salort, président du Ghjuventù Indipendentista

à franceinfo

Cette grève s'accompagne d'un blocage de l'université de Corse, à Corte, où aucun cours n'est donné ce lundi. "D'autres actions sont prévues dans les jours à venir. Nous avons par exemple une réunion lundi soir avec le collectif qui a organisé la manifestation de la semaine dernière à Ajaccio", poursuit Paul Salort. Les grévistes ont également reçu la visite de deux conseillères exécutives, Marie-Antoinette Maupertuis et Vanina Borromei, et espèrent rencontrer Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse.

Sont-ils prêts à aller au bout si le gouvernement ne cède pas ? Oui, assure le syndicaliste étudiant. "Nous sommes déterminés et sereins. Nous savons ce que nous faisons. L'objectif est d'obtenir des avancées. Si ces avancées interviennent, nous n'allons pas foncer tête baissée", développe Paul Salort. En 2016, leur grève de la faim avait duré huit jours.

Affaires Hulot et Darmanin : Macron met en garde contre une "République du soupçon" .
Le chef de l'Etat a appelé à "se méfier" des appels à écarter les membres du gouvernement pris dans des affaires. Emmanuel Macron a mis en garde, mardi 13 février, contre une "forme de République du soupçon" à propos des accusations d'agression sexuelle contre ses ministres Nicolas Hulot et Gérald Darmanin. Si des plaintes classées sans suite peuvent "conduire à écarter ou faire sortir du gouvernement" un ministre ou à l'empêcher d'exercer, "cela devient une forme de République du soupçon où tout se vaut", a dit le chef de l'État.

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