Monde Pour son investiture, Erdogan promet une « nouvelle ère » et enterre la République d’Atatürk

15:55  10 juillet  2018
15:55  10 juillet  2018 Source:   lemonde.fr

Turquie-Les mandats à la banque centrale ramenés à quatre ans

  Turquie-Les mandats à la banque centrale ramenés à quatre ans Le gouverneur de la banque centrale de Turquie, ses adjoints et les membres du comité de politique monétaire seront désormais nommés par le chef de l'Etat pour des mandats de quatre ans, selon un décret présidentiel publié mardi au lendemain de l'investiture de Recep Tayyip Erdogan. Le gouverneur de la banque centrale turque était auparavant nommé pour cinq ans mais cette disposition a été supprimée par un décret paru dans le Journal officiel. Il n'est en outre plus nécessaire que les gouverneurs adjoints aient déjà 10 ans d'expérience pour être nommés à leur poste, selon ce même décret.

Convaincu d’ouvrir « une nouvelle ère » dans l’histoire de la Turquie, le président Recep Tayyip La « parenthèse » de la République créée en 1923 par Atatürk a été définitivement fermée. Les tenants de l’islam politique en rêvaient, M. Erdogan l’a fait. Il le fallait, tant aux yeux des militants du

Erdogan « enterre » la République d ’ Atatürk . Le chef de l’Etat turc poursuit son rêve de présidence à poigne et se pose en défenseur de l’islam sunnite. Le chapitre des pourparlers avec le PKK, ouverts en 2010 à l’initiative des islamo-conservateurs, n’est plus qu’un lointain souvenir.

Le président turc a prêté serment, lundi, pour un nouveau mandat de cinq ans aux pouvoirs renforcés.

Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 9 juillet. © UMIT BEKTAS / REUTERS Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 9 juillet.

Convaincu d’ouvrir « une nouvelle ère » dans l’histoire de la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a prêté serment, lundi 9 juillet, devant le Parlement d’Ankara. Aux manettes du pays depuis 2003, d’abord en tant que premier ministre puis comme président, M. Erdogan, 64 ans, a été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans aux pouvoirs renforcés le 24 juin, au terme d’une élection présidentielle remportée dès le premier tour avec 52,5 % des voix.

L'agence de notation Fitch abaisse la note de la dette de la Turquie

  L'agence de notation Fitch abaisse la note de la dette de la Turquie L'agence de notation financière Fitch a dégradé la dette de la Turquie, inquiète des perspectives de l'économie turque et des évolutions impulsées par le président Erdogan qui vient d'entamer un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs renforcés. Fitch estime que des risques pèsent sur la stabilité de l'économie turque et a dégradé la note de la dette qui passe de BB+ à BB, une catégorie spéculative. L'agence de notation reflète ainsi l'inquiétude des marchés financiers face çà la détérioration de l'économie : la livre turque a perdu 30% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, l'inflation vient de dépasser les 15% par an.

Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a promis davantage de progrès, avec le nouveau système de gouvernement présidentiel. Ainsi, Recep Tayyip Erdogan a annoncé qu'ils «renforceront l'État-providence en Turquie, dans la nouvelle période, entameront des

Rubrique : International, développement et francophonie. Le Président de la République s’est entretenu vendredi 23 mars par téléphone avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan . Sur ces bases, le Président de la République a souhaité, en accord avec son homologue turc, que des

Accompagné de son épouse, Emine, M. Erdogan a ensuite effectué une visite au mausolée de Mustafa Kemal (dit Atatürk, fondateur de la Turquie moderne et républicaine, 1881-1938), avant de présider une cérémonie digne d’un couronnement en son immense palais de Bestepe, à la périphérie d’Ankara, devant dix mille invités.

Une vingtaine de dirigeants étrangers étaient présents, parmi lesquels le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le numéro un soudanais, Omar Al-Bachir, les premiers ministres hongrois, Viktor Orban, et russe, Dmitri Medvedev. L’Union européenne était représentée par Dimitris Avramopoulos, commissaire chargé des politiques migratoires. Pour immortaliser l’événement, chaque personne présente à la cérémonie a reçu un exemplaire d’une nouvelle pièce de monnaie à l’effigie du palais, datée du 9 juillet.

Turquie: La victoire d'Erdogan et son parti aux élections officialisée

  Turquie: La victoire d'Erdogan et son parti aux élections officialisée Le Haut-comité électoral (YSK) en Turquie a publié mercredi les résultats définitifs des élections législatives et présidentielle du 24 juin, officialisant la victoire du président Recep Tayyip Erdogan et son parti. Des résultats non officiels, quasi-identiques à ceux annoncés mercredi, avaient déjà été publiés par l'YSK quelques heures après la fermeture des bureaux du vote.Le chef de l'État a ainsi officiellement remporté un nouveau mandat dès le premier tour de l'élection présidentielle avec 52,59% des voix, a annoncé lors d'une conférence de presse à Ankara le président du YSK Sadi Güven.

Selon des sources à la Présidence turque, à l’issue de la cérémonie d’ investiture , Erdogan organisera un dîner en l’honneur des chefs d’Etat, de gouvernement et de parlement présents. Il est prévu également que le président turc dévoile ultérieurement son équipe ministérielle lors d’un point de

Il a encore promis de créer « des emplois pour [la] jeunesse », de « réduire la pauvreté de tous », de « Moi, Emmerson Dambudzo Mnangagwa, jure qu’en tant que président de la République du « Venez et soyez les témoins de l’Histoire en marche, nos premiers pas dans une nouvelle ère et un

Salué par des applaudissements, le couple présidentiel, lui en costume sombre, elle revêtue d’un long caftan noir et banc, a pénétré dans le jardin du palais, sous la vigilance d’une double haie de gardes en costume d’époque, hallebarde en main, comme tout droit sortis de la série télévisée adulée des Turcs, Dirilis Ertugrul, à la gloire de l’Empire ottoman.

Fermer « la parenthèse du kémalisme »

Dans son allocution, M. Erdogan a promis de « donner au pays un nouvel aspect après quatre-vingt-quinze ans d’existence de la République », dessinant une « Turquie forte », vouée à devenir, d’ici à 2023, « l’une des dix premières puissances mondiales », promettant la « démocratie ». La « parenthèse » de la République, créée en 1923 par Atatürk, a été définitivement fermée. « Le système qui a coûté si cher au pays, en raison du chaos politique, social et économique qu’il a suscité par le passé, est désormais derrière nous », s’est félicité l’homme fort d’Ankara.

Deux ans après la tentative de putsch, la fin des purges en Turquie ?

  Deux ans après la tentative de putsch, la fin des purges en Turquie ? L'état d'urgence, qui a permis de traquer en masse les partisans supposés de Fethullah Gülen, doit être levé dans la nuit du 18 au 19 juillet. Mais la répression devrait perdurer. Il aura fallu pas moins de 77 000 arrestations, et 150 000 limogeages et suspensions pour, semble-t-il, apaiser la conscience de Recep Tayyip Erdogan, réélu en juin à la tête de l’Etat turc. Deux ans après la tentative de coup d’Etat qui a ébranlé la Turquie, l’état d’urgence arrive à son terme. Et pas question cette fois de le prolonger. Erdogan l’avait promis pendant sa campagne. «L’essentiel du travail est fait», a déclaré l’ambassadeur de Turquie en France, Ismaïl Hakki Musa.

Avant la cérémonie, Erdogan prêtera serment au Parlement turc et se rendra, par la suite, au mausolée du fondateur de la République de Turquie A l’issue de la cérémonie d’ investiture , Erdogan organisera un dîner en l’honneur des chefs d’Etat, de gouvernement et de Parlement présents.

Turquie : 22 chefs d’Etat participent à la cérémonie d’ investiture d’ Erdogan . «En brandissant son drapeau, j'ai voulu remercier la Turquie pour son aide à la Palestine» 07.07.18 04:14:00. Turquie: l'histoire des avions nationaux dans le secteur de la défense 07.07.18 03:27:00.

Fermer « la parenthèse du kémalisme » est le vœu le plus ardent de l’élite islamo-conservatrice au pouvoir depuis 2002. Les tenants de l’islam politique en rêvaient, M. Erdogan l’a fait.

Il le fallait, tant aux yeux des militants du Parti de la justice et du développement (AKP), créé par M. Erdogan et quelques compagnons de route en 2001, le projet modernisateur d’Atatürk, le « père » de la Turquie moderne, est usé. La laïcité, l’arrimage quasi exclusif du pays à l’Occident n’ont plus lieu d’être. A leurs yeux, à force de trop regarder vers l’ouest, les Turcs ont été coupés de leur héritage ottoman et de leurs racines islamiques.

M. Erdogan promet une révolution. Il va façonner une tout autre Turquie, plus conservatrice, plus religieuse, dotée d’ambitions globales, capable de s’ériger en protectrice de l’islam sunnite.

L’« ère Erdogan » a ses symboles. Le chef de l’Etat a ainsi achevé son discours en faisant de la main le signe de Rabia — pouce replié vers la paume, quatre doigts dressés. Ce geste servit de signe de ralliement à la confrérie des Frères musulmans lors du coup d’Etat de l’armée égyptienne contre le président islamiste Mohamed Morsi, à l’été 2013. Répétée à l’envi lors des discours, érigée en monument à Düzce (Sud), le Rabia représente la transformation identitaire islamo-nationaliste voulue par le « reis » (« chef »).

Fitch abaisse la note de la dette de la Turquie

  Fitch abaisse la note de la dette de la Turquie L'agence de notation Fitch a annoncé vendredi avoir abaissé la note de la dette souveraine de la Turquie, estimant que "les risques pesant sur la stabilité macroéconomique du pays se sont intensifiés".La note passe de "BB+" à "BB", la repoussant encore davantage dans la catégorie spéculative. Elle est assortie d'une perspective négative, ce qui implique qu'elle pourrait encore être abaissée prochainement, précise Fitch dans un communiqué.

Après la prestation de serment, M. Erdogan a déposé une gerbe au mausolée d ' Atatürk avant de présider une cérémonie au palais présidentiel, inaugurant une nouvelle ère dans Sa chroniqueuse Asli Aydintasbas parle de l'avènement d'une "deuxième république " succédant à la Turquie laïque.

La Turquie d ’ Atatürk à Erdoğan . L'introuvable synthèse de l'islam et de la laïcité. C’est ainsi qu’à travers Atatürk, l’armée a engendré une République et une idéologie que les Depuis la nuit des temps chaque dictateur a besoin d'une crise pour affermir son pouvoir et il l'invente si nécessaire.

Son gendre aux finances

Le nouveau gouvernement annoncé en soirée — dix-sept ministres, contre vingt-six précédemment — sera-t-il à la hauteur des ambitions ? Conduit par M. Erdogan, il est placé sous le signe de la continuité, car Mevlüt Çavusoglu (affaires étrangères), Süleyman Soylu (intérieur) et Abdulhamit Gül (justice) ont conservé leurs postes.

La politique étrangère reste sur les mêmes rails. La Turquie demeurera un partenaire difficile pour ses alliés occidentaux tant que le discours revanchiste, conspirationniste et antioccidental restera le cri de ralliement des islamo-conservateurs, habiles à persuader le public que le coup d’Etat manqué attribué au prédicateur musulman Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis depuis 1999, a été fomenté par la CIA avec la bénédiction des Européens.

Les déboires actuels de l’économie (inflation à plus de 15 %, dépréciation de la livre turque — 20 % depuis le début de 2018 —, déficit des comptes courants) sont quant à eux mis au compte du « lobby des taux d’intérêt », qui n’a qu’une idée en tête : mettre la Turquie à genoux. Selon un sondage publié en mai par le centre d’études de l’opinion XSights, un Turc sur cinq estime que cette explication est « plausible ».

Très attendue par les milieux d’affaires, la nomination du nouveau ministre des finances a malgré tout jeté un froid. Berat Albayrak, 44 ans, le gendre de M. Erdogan, connu pour ses vues économiques peu orthodoxes, a été choisi pour le poste.

Ministre de l’énergie dans le gouvernement sortant, l’époux d’Esra, fille aînée du président, est en pleine ascension. Décrit comme « l’héritier », ce barbu au visage poupin, qui ne quitte pas son beau-père d’une semelle, ne semble guère armé pour sortir le pays de l’ornière économique. Sa nomination a déplu aux investisseurs, comme en témoigne la chute de la livre turque (– 3,5 % par rapport au dollar), survenue juste après l’annonce du nouveau gouvernement.

Airbus rebaptise le CSeries A220 et lui promet une forte demande .
Airbus a dévoilé mardi la nouvelle identité du CSeries, qui compte 110 à 130 sièges, se préparant ainsi à étendre son traditionnel combat avec Boeing aux petits avions de ligne. © REUTERS/Régis Duvignau AIRBUS REBAPTISE LE CSERIES A220 ET LUI PROMET UNE FORTE DEMANDE L'avionneur européen a annoncé qu'il rebaptisait l'avion A220, le positionnant ainsi juste en dessous de la gamme A300 qui va de l'A319 de 124 sièges au A380 qui en compte 544.Airbus vise un nombre "à deux chiffres" de commandes pour le CSeries de Bombardier en 2018 et évalue la demande pour les 20 ans à venir à au moins 3.

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