« Si vous n’avez pas peur des petits espaces, n’hésitez pas » : les hôtels capsules séduisent de plus en plus de voyageurs

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Les hôtels capsules, venus tout droit d’Asie, font leur chemin dans le paysage urbain mondial. En Europe, malgré un nombre encore restreint, estimé à « une cinquantaine » par Didier Arino, DG de Protourisme, ce concept commence à fleurir dans les grandes villes touristiques. Faciles à repérer, ils attirent les voyageurs désireux de séjourner en centre-ville sans exploser leur budget. Chaque capsule est conçue pour offrir un espace dédié au sommeil : intime, en général sur deux niveaux, dotée des indispensables comme un lit, de l’éclairage, une prise électrique, et parfois même un petit écran, le tout avec des sanitaires partagés.

D’abord perçus comme une solution temporaire pour maximiser l’espace dans les métropoles japonaises, ces hébergements incarnent aujourd’hui une conception moderne de l’hôtellerie: pratique, économique et sans superflu.

À partir de 30 euros la nuit à Piccadilly Circus

Sabrina n’hésite pas : « Si vous êtes à l’aise avec les petits espaces et que dormir dans une bulle vous tente, allez-y ! ». Lors de sa réservation au Zedwell Hotel, juste à Piccadilly Circus, elle avait un seul objectif : bénéficier de quatre jours à Londres sans faire chavirer son budget. « Je cherchais une option abordable parce que je voyage souvent. Dépenser une fortune pour quatre jours, ça ne le fait pas. Mes itinéraires commencent tôt et finissent tard. Tant que j’ai un lit, une douche et un endroit pour mes affaires, c’est tout ce dont j’ai besoin », partage-t-elle avec Le Figaro. À Londres, où les tarifs des chambres flambent, c’est presque un coup de chance : « Pour 30 euros la nuit en plein centre, c’est extraordinaire. Je ne pouvais pas passer à côté ».

Elle constate qu’à l’intérieur, les espaces sont très bien aménagés, et l’ambiance est quasi cocon. La propreté est irréprochable, puisque les équipes font le ménage jusqu’à cinq fois par jour dans les parties communes, tandis que l’intérieur des capsules nécessite moins d’entretien. Cette expérience lui rappelle son escapade aux États-Unis : « J’avais déjà testé quelque chose de similaire à New York. Une mini-cabine de deux mètres carrés, et j’avais plutôt aimé cet aspect ». Dans les deux cas, ces séjours ne font pas obstacle à sa priorité : bénéficier d’un logement parfait mélange de sécurité et d’emplacement, le tout à un prix abordable. Se lançant avec enthousiasme, elle précise : « Je préfère investir dans des expériences plutôt que dans un lit ».

Une présence charmante mais confidentielle en Europe

Introduit en Europe aux alentours des années 2000-2010, le concept des hôtels capsules peine à convaincre. La duplicité du modèle japonais, proposant des « unités de 3 m² » réservées à dormir, montre des résultats peu significatifs. « En Europe, on aperçoit plutôt des mini-chambres ou des cabines élargies, d’une superficie de 7 à 10 m², ce qui n’est pas identique du tout », avertit Didier Arino. Certains établissements crédités de l’étiquette capsules, comme Yotelair, penchent en réalité plutôt vers « l’hôtellerie dense ».

Cette différence est criante dans les chiffres : « Ces modèles représentent un pourcentage extrêmement faible sur le marché hôtelier européen. C’est entièrement marginal », confirme-t-il. Estimant selon plusieurs définitions, on ne compterait pas plus d’une trentaine d’adresses pour les capsules traditionnelles en Europe, et un peu moins de cinquante si élargis aux formats similaires.

Du concept d’auberges de jeunesse revisitées aux modèles intermédiaires

Avec une évolution plus large du secteur de l’hébergement économique, ce format s’inclut dans la continuité des nouvelles tendances touristiques. Selon Didier Arino, on assiste à une prolongation de l’héritage des sur hostels: « Ce que l’on voit émerger, ce sont des propositions hybrides, souvent agrégeant très petites surfaces et parfois des chambres pour deux ou quatre personnes. De ce fait, on se retrouve assez proche des auberges de jeunesse, avec ce concept de chambres partagées et de micro-espaces dans un cadre plus standardisé et design ».

À ses yeux, le futur des micro-cabines réside davantage dans ces modalités mixtes, où divers types d’hébergements cohabitent. « Je crois fermement en des configurations capsule intégrées dans la nouvelle hôtellerie hybride », insiste-t-il. Dans ces adresses, la capsule figure comme une alternative parmi d’autres, un élément d’un système d’hébergement plus vaste, enrichi par des services annexes tels que bars, espaces de coworking, et même des activités, qui pèsent, rappelle-t-il, lourd dans le succès financier de ces établissements.

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